Sauvage // Jamey Bradbury

Photo du roman "Sauvage" de Jamey Bradbury chez Gallmeister

Dans Sauvage, on suit la jeune Tracy, 17 ans. Elle habite avec son père et son frère, quelque part en Alaska. Elle rêve de devenir musher et de gagner des courses de chiens de traîneaux. Toutefois, depuis la mort de sa mère, son père la tient loin des chiens et lui-même, qui a gagné plusieurs courses et qui est connu dans le milieu, ne s'entraîne plus. Alors Tracy passe le plus clair de son temps dans la forêt, à poser des collets et chasser. Jusqu'à ce qu'un homme lui tombe dessus un peu par hasard, la surprenne et qu'elle se défende. Jusqu'au sang.

Commence alors une traque entre cet homme, un sac récupéré dans la neige et la jeune fille.  L'angoisse de devoir réfréner qui elle est vraiment, la peur de voir surgir cet homme chez elle et devoir expliquer que c'est elle qui l'a salement amoché, le deuil de sa mère qui s'avère très difficile à faire et le froid. L'impitoyable froid de ce pays.

Et quand son père, pour se donner un peu de temps, embauche le jeune Jessie pour l'aider, Tracy devient confuse. Surtout que le jeune homme ment, qu'elle le sait, mais que les autres semblent faire abstraction de ce fait. Pourquoi? Qui est Jessie, d'où vient-il et quel lien a-t-il avec toute cette histoire?

Citations

"Ça faisait des semaines que je n'avais pas sorti les chiens, et l'hiver d'avant j'avais passé le plus clair de mon temps toute seule dans la forêt, sans chien à mes côtés, avec seulement le souvenir de maman pour me tenir compagnie. Une saison sans mon coeur c'était bien assez long."
- P. 91-92

"Ça m'a tout de même rassurée de lire cette voix familière. Ces premières lignes , qui plantent le décor de l'aventure. "Comme pour la plupart de mes mauvaises idées, c'est le désir qui a tout enclenché.""
- P. 148

Mon avis

Parfois, on ouvre un roman sans attentes, juste parce que la couverture nous plaît ou qu'on est intrigué par le sujet. On ne s'attend pas à être autant bousculé par le contenu, chaviré par le texte, la profondeur et la noirceur de la nuit. Ce fut pourtant le cas pour moi, à la lecture du premier roman de Jamey Bradbury.

J'ai retrouvé dans cette lecture ce que j’avais aimé de “My absolute darling”, aussi publié chez cet éditeur; soit la nature inhospitalière, la solitude, les relations père-fille et les grands questionnements existentiels. Avec un brin d’insolite, cette fois. Un insolite dérangeant, mais pas inacceptable. Comme de glisser son gros orteil dans l'eau froide. Sur le coup, on se dit "Oh, non!", mais ensuite, on s'habitue. Une lecture dure, mais fascinante, sur les relations humaines et ce qui différencie l’homme de l’animal.  

Je ne suis pourtant pas fan d'une abondance de description, mais ici, c'est comme si chaque détail de la neige, de la nuit, du froid, du lac gelé, de la maison, du chenil, etc amplifiait le récit. J'irais jusqu'à dire qu'il s'agit là d'une lecture très immersive. On a froid. On a l'impression d'y être. C'est à la fois angoissant et fabuleux.

Pour vous procurer le roman, c'est ICI.

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