Cette maison // David Mitchell

Photo du livre "Cette maison" de David Mitchell chez Alto

Je vais être honnête, j'aime énormément les éditions Alto. Je trouve qu'ils font des livres magnifiques, qu'ils se soucient du détail et il est franchement très agréable d'avoir un tel objet en main. Ceci étant dit, il ne faut pas juger un livre uniquement sur sa couverture et j'admets que malgré la superbe couverture, cet auteur me plait aussi beaucoup, c'est donc pourquoi j'ai tout mis de côté pour lire ce roman ce week-end.

Le roman est divisé en tranches de 9 ans. La première a lieu en octobre 1979 et on assiste à la visite d'un petit garçon et de sa maman à Slade House. Dans cet immense manoir victorien vivent Norah et Jonah Grayer. On y accède par une toute petite porte dans une allée froide et étroite. La porte est si petite qu'on la manque la première fois qu'on passe devant. De plus, il faut se pencher pour en franchir le seuil. Dès qu'il met le pied dans le jardin magnifique de la maison, Nathan Bishop sent une étrange ambiance.  Il n'arrive pas à mettre le doigt sur ce qui cloche, jusqu'à ce qu'il croise son propre portrait en montant l'escalier. À ce moment, il est trop tard pour lui.


Nouvelle tranche de vie, 1988. Un policier au passé trouble enquête sur la disparition d'un petit garçon et sa mère, neuf ans auparavant, dans une petite allée étroite et froide. S'il trouve bien la maison, les histoires ne concordent pas et il se laisse prendre au jeu.

Nouvelle tranche de vie, 1997. Un groupe d'étudiants en quête de sensations fortes fouille une petite allée étroite et froide à la recherche d'une porte et d'une maison qu'ils croient imaginaires. Ils tomberont sur une fête étudiante, qu'ils ne seront pas en mesure de quitter.

Et ensuite, tout déboule. Qu'est-ce qui se passe dans cette maison? Existe-t-elle, seulement? Qui sont ces gens qui y habitent? Existent-ils, seulement?

Mon avis

Je vous jure, il faut se lever de bonne heure pour me faire peur. J'ai lu Little Heaven, l'an dernier, sans même trembler, donc je me considère un peu difficile à effrayer. Bien que je ne pense pas que ça soit le but premier de ce roman, d'effrayer, j'y ai quand même vu un grand désir de déstabiliser. Il faut être habile, à mon sens, pour jouer sur la frontière entre le réel et le paranormal, sans tomber dans le cliché ou le "gore". Et cette fois encore, David Mitchell y parvient avec brio. On m'a demandé, récemment, à qui je pouvais comparer cet auteur. La seule réponse qui m'est venue en tête, c'est à lui-même. Je pense que David Mitchell a un genre bien à lui et il est difficile de le comparer avec un autre sans avoir l'impression que la comparaison est injuste. (Oui, je l'aime à ce point).

Pour revenir au roman, je dois mentionner l'ambiance. Feutrée, mystérieuse. On ne s'embête pas de trop de détails, on ne nous dit que ce qu'il est nécessaire de savoir. Ça rend le regard du lecteur un peu plus avide, acéré. On cherche les non-dits et les indices pendant notre lecture. Je pouvais presque sentir l'odeur du vieux tapis, ou de la tapisserie. Je pouvais voir clairement la poussière sur les cadres au mur. 

J'ai aimé l'évolution, également. J'apprécie une histoire étoffée qui se déroule sur plusieurs années, voire plusieurs décennies. C'est déstabilisant de devoir s'ajuster à une époque différente chaque fois qu'on tourne quelques pages. Et c'est d'autant plus agréable quand c'est mené efficacement.

Le roman n'est pas très long, je l'ai lu en une après-midi. J'en aurais pris plus, pas dans le sens que la fin est incomplète - pas du tout - mais dans le sens que j'ai tellement aimé ma lecture que ça ne m'aurait pas dérangé de rencontrer quelques autres "invités" avant d'aboutir à la conclusion. J'ai l'impression de ne pas vous dire grand chose, alors qu'il est évident que j'ai adoré le roman, mais parfois c'est tout ce qu'on a besoin de dire : j'ai adoré.

Pour vous procurer le roman, c'est ICI.




Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Instagram