Le malheur du bas // Ines Bayard

Par - mardi, juin 26, 2018

Le malheur du bas, roman de Ines Bayard

Marie est une jeune femme douce et réservée. Professionnelle compétente et appréciée au travail, elle mène une existence tranquille et simple. Elle est heureuse avec son mari, un brillant avocat, et rêve de fonder une famille avec lui. Comme ils se donnent le feu vert pour réaliser ce projet, Marie est victime d'un viol sordide.

Le directeur de la banque pour laquelle elle travaille lui offre de la raccompagner après une réunion et s'imposera à elle dans la voiture, à un coin de rue de chez elle. L'humiliation est totale, il la traite comme un morceau de viande, comme ces femmes que l'on voit dans les films porno. Il la menace également de perdre son emploi et sa réputation si elle parle.
Marie rentre chez elle le coeur brisé, l'esprit torturé, le corps abîmé, râpé. Elle tente de toutes ses forces de mettre cette humiliation de côté. D'oublier la douleur physique, de nettoyer son corps et son esprit en pensant à autre chose. Mais quand elle s'aperçoit qu'elle est enceinte, elle touche le fond. La joie de sa famille vient raviver la blessure, qu'elle prend comme une approbation du geste dont elle a été victime. Rapidement, elle devient quelqu'un d'autre. Jusqu'à commettre l’irréparable.

Citation
Elle avait honte. La honte qui prends les femmes du début jusqu'à la fin de leur vie. Toujours la même. La honte du corps qui n'est pas parfait, qui n'est pas blanchi, désapprouvé par la vertu collective. Le corps qui souffre, gémit, se tord, saigne, change, évolue, grossit et mincit, pénétré toute sa vie, engrossé, ouvert, vidé, refermé, gonflé et dégonflé en fonction des épreuves, bourré de paracétamol et d'ibuprofène pour le contraindre à se calmer.
 
Mon avis 

Ça a l'air bizarre, de dire ça comme ça, mais j'ai beaucoup aimé. L'écriture est fluide, ça coule tout seul. La légèreté - limite l'insouciance - qui se dégage de Marie au début, devient pesante presque sans qu'on s'en rende compte. C'est sournois, mesquin. C'est fascinant d'être témoin du cercle vicieux, de la descente aux enfers. Croire que l'on ne vaut plus rien parce qu'un homme a abusé de vous. Avoir peur d'accuser par crainte de perdre trop. Que peut-on perdre de pire que sa dignité? C'est la mort sans mourir. 

Franchement, un roman coup de poing assez court, qui se lit rapidement, alimenté par la colère sourde qu'il provoque chez le lecteur.

En librairie dans la semaine du 10 septembre 2018.

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