Une fille facile // Louise O'Neill

Par - mercredi, mai 23, 2018


Livre une fille facile de Louise O'Neil chez Stéphane Marsan


Emma a 18 ans. Elle vit dans une famille irlandaise conventionnelle, ses parents vont à la messe et tentent de leur inculquer, à son frère Bryan et elle, de bonnes valeurs. Mais c'est trop facile pour Emma. Elle est belle et adulée. Et le sait. Rien ne lui fait plus plaisir que de voir les garçons se retourner sur son passage ou d'obtenir ce qu'elle veut, quand elle le veut. 

Ce soir, c'est soir de fête et Emma a décidé de mettre le nouveau joueur étoile de l'équipe de football dans son lit. Avec ses copines, elles se préparent pour la soirée. Maquillage, robes courtes, talons hauts. 

Mais la soirée ne se passe pas comme prévu. L'objet de son désir a déjà jeté son dévolu sur quelqu'un d'autre et par dépit, elle se rabat sur un autre garçon. Qui lui décide de la partager avec ses copains. De lui faire payer d'être une fille facile.

Quand ses parents la découvrent inconsciente devant la maison, certains de ses vêtements ayant disparus, ils ne savent pas quoi penser. Emma ne se souvient de rien. Et même quand les photos commencent à circuler, elle ne se souvient toujours pas. Elle assiste avec horreur à la profanation de son corps. Contre son gré. 

Mais certains diront qu'elle l'a bien cherché.

Mon avis
 
Un roman absolument frappant, coup de poing, nécessaire.

Pour avoir les deux points de vue.

Le premier : la jeune fille qui sait pertinemment qu’elle est belle et désirable et qui s’en sert pour avoir ce qu’elle veut : de l’alcool, des invitations au ciné, au resto, dans les party... cette même jeune fille qui ne cache pas sa sexualité, qui aime l’acte, mais qui aime surtout la « chasse » au partenaire et c’est surtout ce succès qui l’excite quand elle parvient à mettre le gars qu’elle a choisit dans son lit. Est-elle une salope? Non. C’est une jeune femme de 18 ans un brin manipulatrice qui explore sa sexualité. D’accord.

Le second : quand quatre (4!!!) garçons beaucoup plus vieux qu’elle décident de profiter de la situation. Ils lui offrent une drogue inconnue, remplissent sans arrêt son verre et lui « passent » littéralement dessus a tour de rôle. La société la blâmera elle, en disant qu’elle l'a cherché. On ne croira pas que les garçons aient pu la forcer. Nécessairement c’est de sa faute à elle parce qu’elle portait une robe courte et avait bu.

Ce roman fait enrager. Parce que c’est plus que de la fiction. Ça arrive dans la vraie vie. Probablement plus souvent qu'on pense. Que tu porte une robe courte ou non, qu’on devine tes seins dans l’encolure profonde de ton chandail ou que tu ai forcé sur le rouge à lèvres, rien de tous cela ne fait office de consentement.

Je pense que je suis encore enragée. Un roman absolument terrible. 

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