Toutes blessent, la dernière tue // Karine Giebel

Par - vendredi, avril 20, 2018

Toutes blessent, la dernière tue. Nouveau roman de Karine Giébel
Tama était une petite fille quand sa maman est décédée, sa mère qui lui répétait constamment qu'elle était un ange. Elle était encore une petite fille quand son père l'a envoyée vivre avec une tante qu'elle ne connaissait pas. Avec de faux papiers, on l'a fait passer en France. La jeune fille reste quelque temps chez sa tante, pour finalement être vendue à la famille Charandon. Oui. Vendue.

Pendant des années, elle subit l'humiliation d'être une moins que rien, de ne rien valoir. On la force à travailler presque sans arrêt, sans aucun réconfort, une quantité ridicule de nourriture et de vieux vêtements. Si elle sort de la maison, on la bat. Si elle parle, on la bat. Si elle tente de faire valoir ses droits, on lui fait comprendre qu'elle n'en a aucun.


Tama est une esclave.

Elle est échangée, revendue, déplacée comme un meuble. Jusqu'à ce homme décide de la sortir de là. Mais ce ne sera pas chose facile, puisqu'il se bat lui-même contre ses démons.

Puis il y aura Gabriel. Cet homme mystérieux et froid qui va croiser la route d'une esclave. 

Le destin de Tama peut-il changer?

Citations

"Il y avait une inscription en latin. Vulnerant omnes, ultima necat. Quand nous sommes rentrés à Montpellier, j'ai cherché la signification de cette locution. Toutes blessent, la dernière tue. Toutes les heures blessent, la dernière tue."

 "Vulnerant omnes, ultima necat. Toutes les heures m'ont blessée, la dernière me tuera. Alors, finalement et malgré tout l'amour que j'ai pour Izri, je prie pour qu'elle arrive."

Mon avis

Ce roman m'a bouleversée. Pendant ma lecture, je suis passée par toute la gamme d'émotions. De la tristesse à la révolte. J'ai été touchée, attendrie, furieuse et déprimée. Blessée aussi, de savoir que de telles situations existent encore aujourd'hui. 

J'ai eu envie de vomir.

À chaque page, le lecteur s'interroge sur sa propre moralité. On observe le comportement des personnages et on a du mal à comprendre que la majorité tentent d'exploiter à leur tour plutôt que d'aider. Notre société a encore bien du chemin à faire... 

J'ai tout de même lu ce long roman en 3 jours. Je l'ai littéralement dévoré. Je n'arrivais pas à m'en détacher. J'admire profondément la résilience de Tama, son courage et sa détermination. Quand elle se faisait battre, j'avais mal avec elle. Elle est tellement mature pour son âge (Si jeune!), car elle n'a pas le choix d'être forte. 

Je suis mitigée à propos d'Izri. Je crois que son amour pour Tama est né d'un désir sexuel, au départ, émoustillé par l'idée de la servitude. Je crois qu'Izri fantasmait sur Tama parce qu'il savait qu'il pourrait lui faire faire ce qu'il voulait, sans que personne ne le réprimande. Toutefois, quand il l'enlève des griffes de Mejda et l'amène vivre avec lui, on note une réelle affection, malgré la violence qui règne toujours dans le foyer. J'ai eu le coeur brisé, en prison, quand Greg lui ment à propos de Tama. Sa détresse est tellement sincère... 

Il est difficile pour moi, suite à une lecture comme cela, d'émettre un avis critique et de rendre compte de l'écriture et du ton. J'ai l'impression d'avoir vécue à-travers le livre, d'avoir assisté aux événements. 

Je dirai donc simplement ceci : il s'agit d'un roman bouleversant et dur, qui m'a beaucoup plu.

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